E G L I S E

 

L'église de Saint Martial Le Mont est inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques. Elle est érigée à la fin du 13° et début du 14° siècle sur une petite colline surplombant la rivière ''Creuse'' d'une trentaine de mètres.

Cette implantation sur le premier contrefort de cette vallée, confère au site et au bourg de ce magnifique village un caractère d'une grande force.

   Au début, elle est sous le patronage de l'abbaye du Moutier-d'Ahun et reçoit le vocable de 'Saint Martial'. Elle donne son nom à la commune avec la mention 'Le Mont' pour la distinguer des nombreux Saint Martial existant en Marche et dans le Limousin.

   A l'époque révolutionnaire, afin d'effacer du patronyme toute allusion à la religion, la commune est rebaptisée 'Mont Martial', sans que l'on réussisse à oublier le nom de son Saint Patron !

   L'édifice se compose d'un vaisseau unique, long de 17,02 mètres et large de 4,66 mètres. La nef comporte trois travées dont la dernière, terminée par un chevet droit, forme le chœur. La sacristie mono pente est accolée à la travée de ce dernier et les vitraux sont de facture récente. Les dimensions sont modestes et de plan banal en Limousin. Ce monument n'en présente pas moins un réel intérêt. Le volume intérieur a d'heureuse proportions. Des voûtes d'ogives couvrent le vaisseau sur toute sa longueur. Les nervures de profil torique aminci retombent sur des chapiteaux installés à 2,50 mètres du sol, sur culots à masques humains ou simplement moulurés. Ces croisées d'ogives sont construites postérieurement après que la couverture soit assurée parce qu'une simple charpente suffit pour installer la toiture. A noter que les faîtages et arêtiers sont scellés au mortier de chaux teinté. Les gouttières et descentes sont en cuivre et dauphins font l'ensemble de la restauration de 2003 ou 2004.

   Jusqu'à la restauration de 1960, il y a une tribune en bois au-dessus du porche, à l'intérieur de l'église. Chaque travée est éclairée au Sud, par une fenêtre ébrasée; Seule la première, près du porche, date de la construction. Une longue baie étroite et haute illumine l'axe du chevet plat et donne à l'endroit son cachet particulier et son atmosphère priante.

 

   Le portail en cintre brisé, à boudins, comporte des colonnettes surmontées de chapiteaux formant frise. Celui-ci comme les voûtes est un indice qui permet d'affirmer que l'église est achevée qu'en début de 14° siècle. L'auvent en charpente protégeant le porche est-il d'origine ? En tout cas, il est présent avant la restauration de 1960 et a retrouvé sa place qu'au moment des travaux de 2004. Par la même occasion, le clocher réalisé tardivement et uniquement en charpente, a vu sa partie basse reprise en bardeaux de châtaignier.

   L'église est surélevée et fortifiée au 15° siècle, époque où à la suite de la guerre de cent ans, des bandes de soudards incontrôlés et bandits de grand chemin sévissent dans la campagne Marchoise. De fait, surplombant la vallée de la Creuse, l'édifice peu fourni en ouvertures extérieures, constitue un bon ouvrage de défense. Aujourd'hui, de cette fortification, il ne reste que quelques créneaux rectangulaires du chemin de ronde.

   En 1509, une communauté de prêtres est installée dans cette paroisse. A cette époque, les prières pour les défunts ont pris une importance considérable et il y a tellement d'offrandes pour les messes à leur intention, qu'il faut pour les célébrer de nombreux prêtres, ordonnés certes mais dont la formation théologique laissait plus qu'à désirer. Cette communauté a cessé d'exister dès le début du 17° siècle, sans doute. Elle a élu résidence dans un enclos, situé à proximité de l'église et appartenant à l'abbaye du Moutier d'Ahun, maison aujourd'hui disparue.

   En 1711, cette bâtisse religieuse s'enrichit d'un retable en bois sculpté, dû à un artiste de Montferrand en Auvergne et d'un vitrail (remplacé depuis) Le tout est réalisé grâce aux dons des familles du village, sans que les moines du Moutier d'Ahun, pourtant propriétaires de l'église, n'y contribuent en quoi que ce soit. Il faut dire que les relations entre les religieux du Moutier et les habitant de Saint Martial, sans doute en raison des exigences de ces religieux en matière de dimes, n'est pas des plus sereines a cette époque.

 

   A la suite de la restauration de 1960 qui est précédée de graves dégâts des eaux, le retable et son tabernacle sont détruits; Une troupe de scouts dont la maladresse et l'ignorance n'a d'égal que la bonne volonté, a déménagé ce qui leur apparaît comme des vieilleries vermoulues. Heureusement sont préservées, trois statues représentant : Notre Dame du Bon Secours, Saint Martial et Saint Jean l'évangéliste. Cette dernière comporte un aigle, symbole du 4° Évangile, qui est situé au pied de l'apôtre. L'animal est dérobé dans les années 1990.

   En 1846, l'église a subi une première restauration. Le mur Nord est renforcé par des contreforts pour empêcher un éventuel écroulement. En 1813, la sacristie accolée au Nord du chœur est détruite. A l'occasion de ces travaux, est elle rebâtie.

   En 1930, le curé de Lavaveix qui dessert Saint Martial signale au conseil municipal le mauvais état de la toiture risquant de compromettre la solidité des voûtes. La réponse dudit conseil est que considérant que le desservant touche les émoluments de son culte, que ce dernier soit mis en demeure de faire exécuter par ses propres moyens les réparations nécessaires. De ce fait, elles sont réalisées si sommairement que, des 1948, le curé desservant signale le mauvais état de la voûte. Durant dix ans, s'établit une confrontation entre l'homme d'église et le Maire. Ce dernier, oublieux que c'est à la commune de veiller à l'entretien et à la restauration de ce bien communal qu'est l'église et ignorant de par la même que la Direction du Patrimoine au Ministère de la Culture peut fournir en ce cas, une subvention, comme l'architecte départemental le dit alors. Finalement, après que l'affaire soit remonté jusqu'au Conseil d’État et après que le curé remette à la commune une somme de 250.000 francs, collectée auprès des familles attachées à leur église, les travaux de restaurations sont menés à leur terme en 1960.

Le goût de ce prêtre et son sens de la sobriété ont contribué à accroître encore l'ambiance de l'édifice tout comme c'est le cas pour La Rochette, Saint Médard et Issoudun-Létrieix.

   En 2000, nouveaux problèmes pour notre église. Le mur Nord, déjà renforcé au 19° siècle, accuse un fort renflement. Sur le mur Sud, deux zones menacent de s'éventrer.

   A cela s'ajoute la réfection nécessaire de la charpente et de la toiture. Grâce aux aides de l'État, du Département, au partenariat avec la Fondation du Patrimoine et à une souscription auprès de la population et des entreprises locales, les travaux de sauvegarde et de valorisation sont menés à bien en 2004, pour une coquette somme de 110.000€.

   L'église de SAINT MARTIAL LE MONT a été inscrite à l'inventaire des monuments historiques par Arrêté en date du 03 mars 1969.

 

   Si vous pouvez admirer cet édifice aujourd'hui, il faut se souvenir que son existence, sa survie sont le fruit de l'attachement, de génération en génération, des habitants à ce témoin de la vie de Saint Martial Le Mont. Attachement sentimental, sans doute mais qui s'est manifesté à plusieurs reprises par un apport financier.   

   Le saviez-vous, notre église avait elle aussi des scultures en bois réalisées par le fameux Simon Bauer ? A ce jour, elles ont été démontées et dorment dans la partie suppérieur de l'église.   

                                                                 Martial LEYMARIE

Nota : Je tiens à remercier les personnes qui m'ont founi des informations complémentaires qui m'ont aidées fortement pour la rédaction de cet article.

 

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Date de dernière mise à jour : 19/02/2015

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